Retour au blog
ai

J'ai construit un agent pendant 2 ans sans le savoir

Par Youcef EL KAMEL
6 min de lecture

J'ai construit un agent pendant 2 ans sans le savoir

« C’est quoi, un agent ? »

On me pose la question. Souvent. En entretien, dans les DM, sur LinkedIn.

Et à chaque fois, je sèche.

Pas parce que je n’en ai jamais construit.

Parce que j’en construis un depuis deux ans. Sans le savoir.

Pour moi, c’était juste un chat

BeeDone, mon app de productivité, a huit coachs IA. Huit personnalités qui te motivent, te recadrent, te débloquent.

Le principe est simple : tu ouvres l’app, tu parles à ton coach. Il connaît tes tâches, tes habitudes, tes routines. Il sait ce que tu as fait hier, la semaine dernière, le mois dernier.

Et il t’aide à décider quoi faire aujourd’hui.

Pour moi, c’était juste un chat avec une bonne mémoire.

Une mémoire des actions possibles. Du code, quoi.

Je n’avais pas vu ce que j’avais construit.

Le déclic

Un jour, quelqu’un me demande d’expliquer ce qu’est un agent.

Et je réalise que j’en utilise un tous les jours. Mes agents tournent la nuit, gèrent ma newsletter, surveillent mes commits.

Mais utiliser une chose et savoir la nommer, ce sont deux compétences différentes.

Alors je décortique BeeDone. Et là, je comprends.

La boucle, c’était le chat.

L’utilisateur peut revenir parler au coach quand il veut. Le coach répond, propose, recalcule. Chaque échange relance la boucle.

Les tools, c’étaient les Cloud Functions.

Des fonctions qui s’appellent avec des paramètres. Elles calculent quelle tâche faire aujourd’hui, quel sujet travailler, par rapport à ce qu’il a déjà fait.

La mémoire, c’était Firestore.

Tout le contexte. Les dernières listes de tâches. L’historique. Tout ce qui permet au coach de savoir où on en est.

Boucle. Tools. Mémoire.

J’avais construit un harness sans le savoir.

L’aveu : pas de garde-fous

Et puis il y a le truc qui m’a glacé.

Je n’avais pas mis de garde-fous.

Rien.

Quelqu’un aurait pu mettre du prompt injection. Faire dire n’importe quoi au coach. Détourner le système.

C’est le genre de faille qu’on découvre avec le recul et qu’on corrige en urgence. C’est en train d’être corrigé.

La seule limite que j’avais mise, c’était une limite dans la boucle avant de répondre. J’avais peur de la consommation de tokens.

Un garde-fou. Un seul. Et je ne savais même pas que c’en était un.

Mettre des mots sur les choses

Ce qui a changé, ce n’est pas le code.

C’est le mot.

Maintenant, je peux dire : BeeDone a un agent de productivité. Pas un chat de productivité avec un coach qui motive. Un agent.

Avec une boucle, des tools, une mémoire. Et bientôt, plusieurs garde-fous.

Ça paraît anodin. Ça ne l’est pas.

Parce que nommer une chose, c’est savoir quoi en faire.

Une fois que j’ai su que c’était un agent, j’ai su où regarder : la mémoire, les garde-fous, la boucle. Ça m’a donné des idées pour améliorer la mémoire, pour structurer ce que le coach sait de toi.

Avant, j’aurais ajouté des features au hasard.

Maintenant, j’améliore un système.

La réponse que je donne maintenant

Alors, c’est quoi, un agent ?

Un agent, c’est un ensemble de choses.

Une boucle qui tourne. Des tools qu’il peut appeler. Une mémoire qui lui dit où on en est. Des garde-fous qui l’empêchent de partir en vrille.

C’est tout.

Et la partie la plus drôle ?

J’avais aussi construit un agent sur Evolum. Différent, moins avancé, mais un agent quand même.

Un agent, c’est un ensemble de choses que j’ai déjà faites plusieurs fois.

Je le savais faire.

Je ne savais pas le dire.

Depuis, j’ai mis des mots dessus. Et ça a tout changé.


Ce genre de sujet — agents, harness, IA branchée sur du vrai produit — c’est littéralement ce que je fais en mission freelance. Si ton équipe est en train de monter ça, on peut en parler 30 minutes : calendly.com/yelkamel/30min.

#agent IA #harness #boucle agent #tool calling #Firestore #Cloud Functions #BeeDone #garde-fous